Webmontagne : Chili_Argentine_2006
 
Sortie du 11/01/2007 : Le Récit de mes 5 semaines au Chili et en Argentine...
Avec : Rémi, Pauline
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Voyage : Chili / Argentine 2006


Pourquoi ce voyage ? Une envie de découverte qui m’est venu subitement avec la rencontre d’Elie dans le Verdon à l’automne 2005. Par la suite nous avons passés beaucoup de week-end ensemble où il nous racontait ses aventures dans les pays qu’il avait parcouru et tout particulièrement au Chili où il venait de passer un an intensif.

Cette envie grandissait de pouvoir partir en Amérique du Sud pendant un mois pour y faire de la marche, pourquoi pas un 6000m et de l’escalade. Ce serait mon premier voyage en dehors de la France avec départ en avion...

Rémi partant pour un an également dans ce pays à partir de Juillet 2006, dans le cadre de ses études et ayant 3 mois de vacance de Décembre à Février, ni une ni deux je commence à y penser dès le début de l’année. Ne parlant pas un mot d’espagnol, je me dis que j’aurais bien le temps de m’y mettre...

Je pars finalement en connaissant deux mots : “Si” et “No”. L’aventure commence !

Voici donc le récit de 5 semaines passées en Amérique du sud entre le Chili et l’Argentine.



29/11/2006 : Le Départ

Chambéry, 16h18 départ pour Paris Gare de Lyon en TGV: 3h de train. Il était temps car je commençais à devenir fou de devoir attendre Je prends ensuite le RER A pour rejoindre Rueil Malmaison où je vais passer la soirée et la nuit chez Thomas et Léo. 1h de RER plus tard et toujours aussi chargé, j’arrive à la gare où Thomas m’attend en voiture pour aller jusqu'à son appart : il est 20h30 lorsque l’on mange la salade et le gratin préparés par Léo. On discute tranquillement (séries américaines et boulot) jusqu'à minuit et on se couche.

30/11/2006 : AA

Lever à 7h00 pour partir à 7h10... Je prends le bus qui me permet de relier la Gare de Rueil Malmaison. Il est bondé et en Gore-Tex, il fait grave chaud. Je prends ensuite le RER A jusqu'à Châtelet les Halles puis le RER B jusqu'à l’arrêt Terminus Charles de Gaulle II. 2h de transport en commun, le voyage commence bien ! A l’aéroport tout est très simple car ils parlent Français ! On passe la sécurité, l’enregistrement et la douane… un vrai bordel qui fonctionne assez bien. On attend un peu et à 11h00 on embarque. Et là, le décollage prévu initialement à 11h20 est retardé de plus d’une heure. Il fait un sale temps sur Paris et au décollage, on perfore très vite les nuages. C’est la grande classe. 10h00 de vol pour Miami. Ce n’est finalement pas pire entre sieste, bouffe, re-sieste, re-bouffe ! Rien à dire, on est bien servis. Par contre on a eu droit à de belles turbulences.

Miami, il est 17h00 heure locale, 27 degrés, l’eau doit être chaude mais il fait déjà nuit. Je prends le bus pour Miami Beach. C’est pas vraiment la porte à coté (45’ de bus). Les bus sont sur climatisés, vive la pollution… Et la ville est énorme, tout est énorme ! Je m’arrête donc en plein milieu de Miami Beach pour marcher au pied des buildings et vers la flotte. Je reprends vers 20h00 le bus J pour l’aéroport où je mate mes mails. Le vol est prévu à 23h30 au Terminal E11 mais je me rends compte qu’il n’y a pas grand monde. Normal, il faut passer par le terminal D… Finalement bien crevé, je m’installe dans l’avion qui décolle à 23h35. A 00h00 on mange ! Et puis je dors jusqu’à 6h00 du matin pour le petit dej.

01/12/2006 : L’arnaqueur

On atterrit à 9h35. Et là c’est la folie ! Tous les conducteurs de taxi, bus, sont dans le hall de l’aéroport pour te faire profiter de leurs services. Je leur fais signe que non, que je me débrouille tout seul, et je me dirige donc vers le bus.

Et là un sacré personnage m’interpelle en me disant dans un premier temps qu’il s’occupe des bus. N’ayant pas de pesos chiliens, je profite de lui pour me montrer où se trouve le distributeur d’argent et dans la conversation il commence à me sortir « nimp » sur la conversion Dollars/Pesos… Il me dit de retirer 100 000 pesos pour pouvoir payer le bus… ne connaissant pas le fonctionnement de la machine, je suis ses instructions jusqu’au moment d’indiquer la somme… et heureusement la machine refuse de me donner cette somme. Il me dit ensuite d’aller changer mes dollars en pesos au bureau de change, ce que je fais tout en lui disant que je n’ai que 14$, mais il continue à taper la discute et me rapproche ensuite d’un taxi. Je lui répète que je veux prendre le bus et que de toute façon je n’ai pas assez d’argent. Il me propose Valparaiso en 1h pour 80$, je mets fin à son embrouille et vais retirer 40 000 pesos.

Puis prends le bus pour « Pajaritos » à 10h30 et j’enchaîne direct avec le bus « Condor » pour Valparaiso. Initialement nous avions prévus avec Rémi (2 jours à l’avance via MSN) de se retrouver à 12h00 au terminal. J’arrive à 12h30 et m’installe à l’entrée. 5’ plus tard, Rémi arrive de l’université d’où il vient de passer son dernier partiel… Direction la casa de Rémi en « micro » (petit bus local) et sans prendre l’ascenseur (trop de monde), puis on va manger dans un petit restaurant (1750 pesos [moins de 3€]), on discute pas mal et puis on rentre chez lui.

Pendant que Rémi termine des exercices pour son école, je me pieute pour 1h (Le « pisco », boisson locale et le décalage horaire y sont pour quelque chose !). On part faire un tour dans les Cerros, habitations sur les collines de Valparaiso (découverte des « ascensors »), puis au port à la nuit tombée et on remonte manger vers 22h00 après l’achat de mets locaux (Empanada & Palta). Je fais la connaissance de ses colocataires : Mélanie (Allemande), François et Marie (Français). On est invité à une petite fête plus haut dans le « cerro », mais on ne restera pas bien longtemps à cause de notre départ demain assez tôt pour aller sur Santiago (Rémi doit en plus vider sa chambre, et faire les triples de clés de la chambre de Marie où nous laissons nos affaires).

02/12/2006 : Objectif 6000

Direction Santiago. Il faut descendre du cerro, prendre un « micro », prendre le bus pour le terminal « Pajaritos », Prendre deux métros (construit par les français)… On pose les affaires de grimpe chez Guillaume (Une sacré logistique ce voyage), et allons acheter le réchaud à essence et faire un dernier tour sur Internet.

On passe ensuite au Lider (Supermarché) pour faire les courses où l’on achète pour 10 jours de bouffe (50000 pesos [75€]) et également de l’essence… On fait nos sacs avec tout ce bordel en plus, il est 16h00 quand on décide d’aller manger dans un restaurant avec des serveuses habillées un peu limite… On décide de tester le réchaud sur un parking du supermarché…et on se rend compte que cela ne marche pas… Rémi court alors acheter de la vraie essence « Benzina Blanka » qui, elle, alimente convenablement notre réchaud.

On reprend le métro pour rejoindre l’arrêt de bus qui va nous monter jusqu’à San Jose de Maipo où l’on pensait se faire enregistrer par les carabineros. Pas de chance c’est plus loin à San Gabriel où l’on trouvera également un pseudo camping pour passer la nuit. Grosse galère avec le réchaud à essence et on se couche bien épuisés par cette journée de début d’expé.

03/12/2006 : Plantat

Réveil à 8h00 pour aller faire du stop. On est pris vers 9h45 dans un premier temps par une camionnette qui nous fait monter à l’arrière dans son coffre de type « pick-up » et qui nous trimballe jusqu’à un embranchement un peu plus haut (Je remarque alors l’intérêt des chiliennes pour les étrangers…). Puis un andiniste en 4*4 avec sa femme nous posera au bout de la route après Banos de Morales juste au départ de notre chemin ! 2300m : la marche commence alors en direction de la plaine de la Engorda où l’on effectue quelques blocs juste pour les photos…puis jusqu’au refuge Plantat à 3130m où l’on arrive vers 15h00… Branlage de Mamouth, sieste, nouvel essai du réchaud où l’on comprend quelques erreurs…

04/12/2006 : MAM

On se lève à 9h00 pour un départ à 10h20. 5h30 pour faire 1100m, on pose la tente sur une aire de rocaille à 4200m et on fait la sieste. Je sens que cela ne va pas bien après mettre activer pour monter la tente. Maux de tête frontaux avec nausées. Il ne me faut pas plus longtemps pour dégueuler…Je vais ensuite me coucher sans manger et passe une nuit correcte, malgré ce mal de tête lancinant qui ne me quittera pas. Du vent secouera un peu la tente du fait de son montage un peu olé-olé...

05/12/2006 : Plantat bis

On se lève un peu plus tôt vers 8h30, attendons que le soleil réchauffe notre bivouac et plions bagages. Je vais mieux une fois debout mais ne mange rien ce matin. Objectif 5000m. On galère dans les « pénitents » et on met 3h00 pour faire 350m de dénivelé ; l’effet de l’altitude est flagrant sur nos organismes ! Il doit être 13h00 quand nous nous posons à 4550m pour manger. Je n’ai toujours pas faim et dors deux heures contre un rocher. Rémi lui s’active : il prend l’initiative de monter la tente après avoir niveler le terrain au piolet… fait fondre de la neige… Je me repose ensuite dans la tente jusqu'à 18h00 pendant que Rémi lui monte à 4700m, il me rejoint, s’allonge et commence à ressentir les bienfaits de l’altitude : un petit mal de tête ! Moi je ne vais toujours pas mieux, j’ai encore dégueuler le peu que j’avais mangé, bref je suis vide quoi !

C’est Rémi qui me propose vers 18h50 de redescendre à une altitude moindre, on range le camp en vitesse et avant la nuit noire, nous sommes au refuge à 3130m, 1400m plus bas en 1h20… Enfin j’ai envie de manger ! Un peu de riz, du saucisson, fromage… et on se couche vers 22h00. Demain on redescend dans la vallée -> L’appel de la grimpe est trop forte après ces 3 jours de marche galère…

06/12/2006 : Retour à Santiago

On descend via la plaine de la Engorda jusqu’à la mine où l’on se fait prendre en stop par un pick-up vers 13h00. On monte à l’arrière et il nous dit « Accrochez vous bien ». Descente de ouf jusqu’à l’entreprise des mines. On marche alors jusqu’à l’embranchement de la route pour le village de Banos de Morales et on attend… Finalement un gars nous prend jusqu’à Santiago (plus de 100km….). On l’avait vu en descendant sur la plaine de la Engorda avec son chien, c’était le seul randonneur du jour. Rémi, et son espagnol, a pu taper la discute avec lui et on a pu apprendre qu’il s’occupait d’une agence de loisirs et qu’il avait fait le Mont-Blanc et le MatterHorn (Cervin) en Europe.

Il est 16h30, nous prenons le métro direction la Coloc de Guillaume qui n’est pas là quand on passe… Internet pour la mise à jour du site, bouffe…il n’est toujours pas à l’appart… il est 21h00 on fait les sacs avec le matos de grimpe et nous voilà partis à la recherche d’un hôtel… On prend le métro, il fait grave chaud et on trouve deux lits pour 6500 pesos chacun. On se douche, s’essuie avec les draps (On est partis light sans serviette…) et on fait une petite lessive. On se couche dans le dortoir de 4 personnes. Il fait trop chaud à Santiago.

07/12/2006 : Torrecillas

Lever 9h45. Après un petit tour dans une salle Internet pour mettre le site d’Elie à jour, nous allons manger un completo sans palta (Avocat) et puis nous voilà dans les transports en communs pour Torrecillas, le site de grandes voies du Chili. J’ai bien mal au menton à cause des coups de soleil durant notre petite expe… On paye l’aire de pic-nic pour avoir accès au chemin montant à la falaise et puis en marchant, une bande de jeunes nous mate, les filles nous touchent… Les étrangers ont la côte ou alors sont plutôt des objets rares qu’il faut avoir touchés… On pose les sacs vers un bivouac avant d’aller se baquer plus bas dans la rivière. On remonte pour glander au bivouac (taille de morceau de bois pour certain) puis grimper un rocher de 6/7m en moulinette avec un pas de bloc technique en 7a. Je coche et Rémi a bien les boules car il n’arrive pas à faire le mouv du début ! Au coucher du soleil, on rejoint le bivouac.

08/12/2006 : Le Con de Chien !

Dans la nuit vers 1h00 du matin, 3 personnes passent avec un chien et des frontales ! « hola !». C’est un peu l’hallu mais je me rendors aussitôt ; Rémi au matin, à 8h00, croit encore que c’est un rêve… On rejoint rapidement le bivouac des 3 personnes et là commence notre rencontre avec le chien... Il nous suit dans la montée jusqu’au pied de notre voie, alors que l’accès n’est pas des plus simple…

C’est alors qu’en voyant le rocher, je suis excité à un point que je n’imaginais pas. Je débute alors complètement en transe (et oui le rocher me manquait déjà !) dans « Hara Ganja » 5.10d pour éviter d’atteindre en marchant le vrai départ de notre voie plus haut. Je coche cette longueur comprenant un pas engagé dans un dièdre puis un mur raide sur picots, première longueur au Chili, mémorable ! Mais ce n’est pas fini…On atteint alors L1 de Canalis 5.10d (Rémi et Lucas avaient buté quelque temps auparavant dans ce début de voie de 4 longueurs). Je pars encore une fois déterminé et j’enchaîne à nouveau un 5.10d (6b/c) à vue. Je l’avais dit à Rémi la veille que j’étais en forme ! Puis la voie suit un « canal » jusqu’en haut, c’est vraiment la classe, un de mes plus beaux souvenirs de grimpe.

On pose 5 rappels, mangeons notre traditionnel repas de midi et faisons un brin de sieste. C’est à ce moment la que l’on voit arriver les 3 jeunes grimpeurs de cette nuit qui nous disent que ce n’est pas leur chien ! (En fait il les a suivis dans la nuit).

On enchaîne ensuite sur une voie facile « Tripi Para Dos » en 5.9, facile mais partant de la base de la paroi et jolie sur des trous, puis El Filo en 5.10c. Je panique grave sur le fil de la dernière longueur et on finit au coucher du soleil. On pose les 3 rappels, en ayant un moment de panique croyant avoir coincé le premier rappel… On redescend enfin de nuit à notre bivouac accompagné du chien. Retour plutôt impressionnant, j’étais vraiment pessimiste et pensais que l’on allait passer la nuit dans cette putain de forêt. Il est clair que désormais ma frontale sera toujours dans mon sac de grimpe.

Il est 22h00, quand nous commençons à préparer notre festin devant le chien aussi affamé que nous. Le chien gueulera dans la nuit espérant communiquer avec les siens…
Autre détail pour moi durant cette nuit : Rémi m’a dit le matin même qu’il avait mal dormi à cause du fait qu’il est psychoté sur l’éventualité qu’une araignée le pique dans la nuit… Il faut savoir que certaines araignées au Chili sont mortelles… merci de l’info au moment où on dort sans tente…

09/12/2006 : Torchage à Torrecillas

Réveil à 8h30, durant le petit dej, on voit passer un des trois jeunes redescendant dans la vallée. C’est cool, le chien le suit. On cache nos sacs une nouvelle fois près du bivouac et on reprend la direction de la paroi. Je pars en tête dans la première longueur de la voie « Centro Masa » où je manque de voler dans la première partie se trouvant sur des gros trous… nids à oiseaux… où certains s’échappent en me voyant les déranger… S’en suit un petit dièdre bien des familles, de 30m en 5.10c, avec un zeste d’engagement, que je coche en ayant grimpé méticuleusement. Deux autres belles longueurs puis on arrive sur le plateau intermédiaire.

On cherche un peu la voie, avant d’apercevoir un point bien haut dans une coulée noire. Nous voici ainsi dans « MicroClima » en 5.10b, plus facile mais toujours autant engagé. Un peu space que ces gradins à surmonter. Nous sommes accueillis au sommet par un vent qui commencera à me saouler juste avant de tirer les 6 rappels pour redescendre. Il est 17h00, on mange, petit farniente et on redescend au bivouac puis continuons jusqu’à la rivière où l’on se douche et installons notre camp pour la nuit.

10/12/2006 : Pause Bloc

Grass mat jusqu’à 9h45. On fait les sacs pour faire 1km et rejoindre la « Piedra Rommel ». Beaucoup de monde, cela change après notre isolement. On fait des voies assez déversantes (5.11a) mais courtes. Mais c’est surtout une journée de repos type : bouffe, sieste, grimpe… Les grimpeurs sont d’un niveau moindre du nôtre et ils sont donc admiratifs de nous voir progresser sur le rocher.

11/12/2006 : The Deutch Touch

Encore une grass mat pour moi qui émerge à 10h00 de la tente en mode moustiquaire, normal, on est en vacances ou bien ? Rémi pendant que je dors, lui, prend des photos, ce jeune ne peut pas rester sans faire quelque chose ! « Putain je m’emmerde ! » On quitte alors l’aire de pic-nic et allons rejoindre la route principale où l’on prend un bus pour San Gabriel car l’on doit prévenir les carabineros de notre retour du San Jose. Ici commence notre galère pour remonter à Banos de Morales (dans la semaine, aucune ligne de bus ne l’atteint…). On fait du stop pendant 1h, les camionneurs montant à la mine se succèdent mais ne daignent pas nous prendre (Certaines compagnies ne sont effectivement pas autorisées à prendre des gens en stop). Rémi est alors en train de limite abandonner le lever de pouce, quand je lui dis : « tu vois celui qui arrive là, et bien il nous prend ». Le camion se rapproche… et s’arrête ! Rémi hallucine complet ! On monte dans la cabine et nous faisons déposer juste à l’embranchement du refuge « Los Valdes » style suisse allemande. Nous sommes bien accueillis, et oui nous sommes leurs seuls clients du jour. On discute de nos projet avec un des gérants, qui nous apprend qu’une seule cordée est arrivée au sommet de la voie que nous voulons faire le lendemain…

On part mater le départ de « la voie » du Chili pour être plus efficace le lendemain. On trouve facilement après 30’ de marche depuis le refuge, contrairement aux dires de certains, lus dans un magazine. Ayant pris la corde de couenne, on décide de rejoindre un site de couenne en continuant de traverser le monstre pierrier… mais on renonce après 45’ de marche dans cette immensité de pierre et on rentre se doucher au refuge dans des douches *** avec distributeur de savon liquide, c’est cool car on n’avait pas ce produit magique dans nos sacs ! Sans serviette, on choisit cette fois de se sécher avec les papiers qui servent à se sécher les mains…Rémi me disant : « on essaye de faire écolo, on prend le moins de papier possible » Ouais bah c’est pas easy de se sécher les cheveux et le corps avec 5 pauvres petits bout de papier. Certains me diront que j’ai l’habitude, me séchant toujours avec une serviette de taille minuscule !

12/12/2006 : L’accident

A 7h30 on se lève. Craquage au petit dej ! Pour 8000 pesos [12€] chacun la nuit, nous avons droit à un petit déjeuner de ouf : œufs brouillés, jambon, lait, café, confiture et beurre salé… On prend la direction du pied de la voie, le ventre blindé ! Petit rappel important : notre chemin d’accès est en fait une route entre la mine (en haut de la vallée) et le lieu de transfert du plâtre vers Santiago dans des plus gros camions (comme celui qui nous a pris en stop la veille). Et ce jour comme par hasard, à lieu un accident de camion descendant de la mine. Il s’est renversé sur le coté juste sous le pied de notre voie ! On ne prend donc pas le risque de monter dans le pierrier pendant les secours.

Ce n’est donc qu’à 10h40 que l’on attaque « Los Miserables » à la Placa verde. C’est une voie facile et sympathique dans les 4 longueurs du bas, après l’ambiance n’est pas vraiment au rendez-vous et les longueurs pas majeures. On arrive rapidement à la longueur clé cotée 5.11/A0. Je libère celle-ci sans trop de difficulté malgré le tirage et le vent qui souffle, je la décote alors à 5.10d pour sa globalité. 11 rappels et 1h plus tard nous sommes de nouveau au pied de la paroi.

De retour au refuge, on est autorisé ou plutôt invité à prendre une douche avant de payer et de partir faire du stop pour redescendre sur Santiago. Il est 18h00. On est pris par 3 personnes dans une voiture genre Fiat Panda, alors que nous avions baissé nos pouces ! Si Si, on rentre ! Ils nous apprennent la mort de Pinochet dont la sépulture est le jour même, et nous dépose à San Jose de Maipo où nous prenons un bus pour Santiago. Un peu de métro pour aller chercher le sac d’andinisme chez Guillaume (On lui offre une bouteille de vin pour l’odeur du sac…) puis re-metro pour le terminal de bus et enfin bus pour Valparaiso qui arrivera vers 0h00 juste au moment où je me réveille d’une heure de sommeil...

13/12/2006 : Colo Colo

Grass mat jusqu’à 10h30. Pendant ce temps, Rémi est aller chercher le petit dej… On branche Internet en wifi sur le portable de François (Un coloc à Rémi parti en vacances), et c’est parti pour la journée. Chacun son tour on fait nos mises à jour, transfert de photos…

Une mission pour moi à effectuer seul : acheter des cartes postales, et les envoyer. J’ai réussi à les acheter mais je n’ai pas trouvé la poste de Valparaiso ! J’ai bien essayé de demander mais avec le peu d’espagnol enseigné par Rémi durant ces quelques jours… Rémi s’en chargera plus tard. Puis retour à l’appart pour manger des pâtes vers 15h00… Beaucoup de temps passer sur « webmontagne ».

Le soir on décide d’aller se mater la finale de foot « colo colo » contre une équipe mexicaine. Les restaurants sont blindés, on réussit à manger un plat chilien « chorillana » (Frites, œuf, viande, oignons) dans un snack puis on essaye d’apercevoir le match depuis l’extérieur des bars. Finalement en remontant au Cerro Allegre, on trouve un plan télé-foot/bière, il suffit d’acheter 1l de bière chacun et on a accès à deux salles pleines avec une télé chacune !
Un drôle d’événement va me marquer durant ce match de foot ; à un instant la caméra se braque sur la présidente de Chili, et là tous les chiliens dans la salle lui envoient un baisé avec la main !
On sort un peu avant la fin du match pour rentrer à l’appart. Je me coucherai vers 3h30 du matin après avoir fini les dernières mises à jour de mon site, un vrai geek ce Guillaume !

14/12/2006 : Pacífico escalada

Petit dej rapide seul ce matin après un lever à 9h15. Je pars prendre un micro en bas des cerro pour rejoindre Rémi au terminal de bus (Ce matin, il est parti plus tôt pour demander une procuration de vote). Il est 10h30. Rémi me prend un billet pour Osorno dans un bus qui partira le lendemain à 19h15, cela marque le début de mon voyage en Patagonie et le fait que je vais devoir quitter le confort d’un traducteur !

Aujourd’hui on se dirige vers « Isla Negra » pour aller grimper au bord de l’océan pacifique. 1h30 de bus, et nous voilà sans crème solaire à poser des moulinettes sur un rocher fort sympathique. Après une bonne après-midi de grimpe en fissure et un petit bain dans l’océan bien frais, retour sur Valparaiso en bus. On dort durant le trajet. Palta pour la bouffe du soir.

15/12/2006 : Retour dans les années 80

Durant ces quinze premiers jours, Rémi m’apprend les essentiels en espagnol pour voyager :

“no hablo español” Je ne parle pas l’espagnol
“Quiero ir” Je veux aller
“Cunta es ?” Combien c’est ?
“Si” “No”
“Hola”, “Por favor“, “Gracias”, “Ciao”, “Permisso” Bonjour, s’il vous plait, merci, au revoir, excusez moi
“Mañana “ Demain
Les jours et les chiffres de 1 à 10 ! Grave important pour les sommes à payer..
.
Donc voila les seules choses que je connais avant de partir seul dans le sud, avec bien sûr l’anglais, langue international que je maîtrise à peu près !

Rien de prévu ce matin donc je dors, chose habituelle chez moi. Je vais faire des courses pour mon voyage en Patagonie et on mange encore vers 15h00, le repas typique chilien que j’adore : la Palta et découverte de la manjar (Lait concentré sucré et caramel). Puis je glande tout en préparant mon sac. 19h00, Rémi m’accompagne au terminal. Moi je prend un bus condor qui doit m’amener en 14 heures à Osorno, Rémi lui va à Santiago puis à l’aéroport pour y passer la nuit afin d’attendre l’avion de sa chère et tendre Pauline arrivant à 5h00 du matin.

Dans le bus, matage de clips des années 80... (Les chiliens sont encore bien imprégnés de cette époque) et puis le film : “L’effet Papillon” en espagnol bien sûr. On s’endort vers 0h00.

16/12/2006 : Osorno / Bariloche

8h00, j’arrive à Osorno après 13h de bus, ils nous ont servi un petit dej (café/gateau). Je patiente au terminal avant de pouvoir prendre mon billet pour Bariloche (En Argentine). Je marche pas mal en ville avant de manger un classique « completo » puis je glande dans le parc en face de l’église, mon bus ne partant qu’à 16h30. Cette ville n’est pas vraiment belle et le temps alterne pluie et beau temps durant le peu de temps que j’y passe.

Sur le trajet pour Bariloche, on s’arrête d’abord au poste frontière chilien puis à celui argentin. Et bien entendu, il me manque un papier, servant de visa que l’on m’a remis à l’aéroport en arrivant et que j’ai laissé à Valpo… je passe quand même. Après la route est superbe au-dessus du lac, c’est la Suisse argentine, les maisons sont en bord de route de vrais chalets luxueux.

On arrive à Bariloche à 21h00 et grâce à un allemand parlant français, je me dirige vers un hôtel. Nouveau problème, je n’ai pas de pesos argentins, il faut donc que je me procure un peu de cash, pour payer l’hôtel, à un distributeur se trouvant au centre-ville. Pas mal de marche avant de revenir manger puis me coucher. C’est une chambre avec 5 lits, celle-ci est désormais pleine après mon arrivée. A part un accident avec mon rasoir, la nuit se passe bien.

17/12/2006 : Bariloche / Comodoro Rivadavia

Réveil à 10h00 pour chercher une banque pour changer mes pesos chiliens en pesos argentins mais je me rends compte trop tard que nous sommes dimanche… Je retire donc encore de l’argent pour pouvoir payer le bus qui doit m’emmener près d’El Calafate. Départ à 15h15. Le voyage se décompose en deux parties : Bariloche -> Comodoro Rivadavia puis Comodoro Rivadavia -> Rio Gallegos. La première étape se passe de nuit et le bus étant bien vide, je me mets à l’aise sur deux sièges. Je découvre alors les israéliens qui sont en nombre en argentine (Après leur service militaire, l’état leur donne de l’argent pour voyager, ainsi ils se retrouvent en Amérique du sud où l’alcool et la bouffe sont moins chers…).

18/12/2006 : Comodoro Rivadavia / Rio Gallegos

Arrivé à 6h00 à Comodoro Rivadavia, je découvre une ville fantôme au bord de l’océan atlantique. L’arrêt ne dure que 2h00 avant de repartir dans le même bus. On traverse alors le désert… et il est 19h30 quand on arrive à Rio Gallegos. 26h30 de bus tout va bien ! Le terminal se trouve à l’extérieur de la ville. Je trouve le moyen d’acheter de la bouffe dans une station essence puis m’installe dans un camping à 10pesos la nuit [2.5€], après avoir acheté un billet pour El Calafate. Douche, petit repas et je me couche.

Durant ce voyage, 3 israéliens et 2 américaines se rencontrent. Ils parleront sexe, religions… Je les écouterai parler en anglais durant le trajet. Par la suite ils resteront ensemble et je le croiserai souvent à El Calafate et El Chalten… « Hoooola ! ».

19/12/2006 : Patagonie

Lever 8h00, mon bus démarre à 9h30 pour arriver à 14h30 à El Calafate. J’essaye de parler anglais avec une hollandaise mais c’est bien la galère. Elle est en Amérique du sud pour 6 mois ! Beaucoup de jeunes font comme elles, mais je trouve que c’est une période bien trop longue. A l’arrivée, je me précipite dans un cyber, et découvre en lisant mes mails que Rémi et Pauline doivent me rejoindre le lendemain ! Je suis bien content d’apprendre cette nouvelle car le voyage seul ne m’enchantait guère. Je change ensuite mes pesos chiliens et mange vers 16h00 avant de trouver un camping sympathique pour 2.5€ la nuit. Je vais faire un tour dans les dunes près du lagon argentino et me couche à 23h00.

20/12/2006 : Glande day

Journée de glande totale entre : lecture, Internet et balade en ville. Je prends un billet de
bus pour le glacier au lendemain 8h00.


21/12/2006 : Perito Moreno

Lever à 6h55 pour avoir le temps de petit déjeuner, plier la tente et faire mon sac (je pensais partir le soir même avec Rémi et Pauline sur El Chalten). A 8h00, le bus part en direction du Perito Moreno, la route est belle et le glacier impressionnant. Un son et lumière de grande classe à cause des morceaux qui tombent dans le lac. On quitte les lieux, après 2h30 sur place, à 13h00. On commençait à se les cailler dans le coin. C’est un truc à faire (50 pesos pour 160km de bus aller/retour + 30pesos de parc [20€ en tout]).

A 14h30, je suis au terminal où je retrouve Pauline et Rémi qui viennent d’arriver de Puerto Natales après avoir atterris en avion à Punta Arenas la veille au matin. Ils embarquent pour la seconde visite du glacier de 15h00 à 21h30. On prend ensemble des billets pour El Chalten, pour le lendemain 8h00. Je retourne donc ensuite m’installer au camping, puis faire du web et également chercher un bonnet (seul élément que je souhaite ramener en France...). J’achète mon billet d’avion via Internet et c’est bien la galère car je passe par une compagnie récente et chilienne, donc tout en espagnol ! Je m’enregistre sur leur site et arrive finalement à acheter mon billet de retour sur Santiago pour le 1er janvier 2007 (100 000pesos chiliens [145€]).

A 21h15, je vais refaire un tour en ville et attrape Rémi et Pauline à la sortie du bus. Ils choisissent finalement l’hôtel.

22/12/2006 : Cerro Torre

Lever 6h50, pliage de tente puis j’ai rendez-vous au terminal pour prendre le bus de 8h00 avec Rémi et Pauline. Il mettra 4h pour rejoindre El Chalten. On est invité avant de partir marcher à prendre conscience du fait que nous sommes dans un parc, puis on se dirige sac sur le dos dans un petit restaurant pour manger des sandwichs et 3 bonnes parts de tartes différentes que l’on fait tourner entre nous.

On prend ensuite la direction du mirador du Cerro Torre sous un grand ciel bleu au-dessus d’El Chalten...mais on ne verra pas le Cerro Torre qui se cache dans la crasse au loin. On continue sous une pluie fine mais pas vraiment dérangeante jusqu’au bivoauc près du laguna Torre. On installe notre camp et après avoir goûté une bonne brioche, allons courir pour nous réchauffer. On ira jusqu’au second mirador au-dessus du lac avec une pause bloc et une poursuite de renard !

On rentre vers 20h00, on fait la soupe et la neige commence à tomber sur notre camp... Jusqu’à même bien tomber, on est en été bordel ! Ma tente est recouverte. Après que Rémi soit aller piocher des infos auprès des Anglais, on apprend qu’ils attendent depuis 21 jours pour gravir le Cerro Torre et qu’ils ne l’ont pas encore vu une seule fois...

23/12/2006 : Poincennot

Lever à 9h00, Rémi et Pauline dorment encore. Je petit dej et fais quelques tours autour du camp en prenant des photos. 10h30, ils se lèvent étonnés d’avoir autant dormi. On plie le camp et allons en direction du Fitz Roy. 3h de marche plus tard nous sommes au camp Poincennot sous le fameux sommet que l’on n’aperçoit pas.

On mange dans un froid bien vif, un petit café et on laisse les sacs pour monter en courant puis en marche rapide à la laguna los tres sous le Fitz Roy. On admire un sommet qui se découvre lentement et on attend de le voir en entier en pensant que c’est le Fitz Roy. Grosse erreur ! C’est le Poincennot, le Fitz Roy est bien dans les nuages et ne voudra pas se découvrir durant notre attente dans le vent et le froid.

Retour au camp pour monter les tentes et manger. 21h00 on rentre dans la tente.

24/12/2006 : Fitz Roy

Pauline s’était proposée pour se lever à 5h00 du mat pour aller voir si le Fitz Roy montrerait le bout de son nez. Mais la nuit, il s ‘est mis a venté pas mal et donc c’est Rémi qui à 7h30 nous réveille pour aller admirer et photographier le Fitz Roy. Celui-ci n’est pas complètement dégagé mais au moins on le voit. Puis on part marcher une bonne heure pour rejoindre une zone de bloc puis un lac sous un glacier. On fait des nimperies sur quelques blocs puis on rentre pour 12h00 manger ayant bien la dalle...

Rémi et Pauline se motivent pour remonter au point de vue de la veille, moi je fais une sieste... Finalement 1h plus tard en voyant le Fitz Roy complètement dégagé, je pars en courant faire les 400m de dénivelé. 30 minutes plus tard je rejoins Rémi et Pauline... On fait la photo de groupe malgré quelques nuages venant cacher le sommet puis on redescend au camp pour plier et rentrer à El Chalten (2h de marche). On achète un billet de bus pour le lendemain, trouve un bar où la bière va faire bien mal...un camping avec douche pour la nuit et enfin un resto pour fêter le réveillon. Un peu moins de 45pesos [11€] payé grâce à la carte visa de Pauline pour un repas à base de viande, salade, frites, vin. On finit sur un café et des quelques friandises. Bref on rentre à nos tentes bien rassasiés et fatigués !

25/12/2006 : Noël, Ville Morte

Lever 6h00 pour prendre le bus de 7h00 qui nous ramène à El Calafate. Démontage de tente et petit dej dans la tourmente. 4h de bus plus tard, il est 11h00, la ville est morte ! Nous devions faire nos courses pour le tour des Torres del Paine mais les supermarchés sont fermés et seulement les petites boutiques de tourisme sont ouvertes…

Je m’achète mon bonnet, grignote et met à jour mon site web. Je fais également ma lessive, me rase, lit un peu : journée glande bis quoi !
On se voit le soir avec Pauline et Rémi pour faire un point sur le lendemain (ils m’ont laissé un mot près de ma tente au camping pour m’indiquer où ils logeaient !)

26/12/2006 : Service ***

Lever à 7h00, je les rejoins dans une boulangerie pour le petit déjeuner. Le craquage commence mais n’est pas forcément onéreux : pour 6pesos [1.5€], on a droit à un café, jus d’orange, 3 pâtisseries…

On prend ensuite le bus à 8h30 pour Puerto Natales avec l’idée d’enchaîner sur le parc Torres del Paine, cela nous laisserait juste le temps de faire quelques courses pour le trek. Mais sur la route quelques incidents surviennent et le passage à la douane dure toujours longtemps (Et oui nous repassons au Chili).

Finalement on opte pour rester l’après midi et la nuit sur place. On arrive à 14h30, c’est la cohue, tout les proprios d’hôtel sont là pour proposer leurs chambres. Avec Pauline, on ne comprend pas grand chose même la fille qui essaye de nous parler en anglais : « Great !». Mais Rémi, lui discute déjà avec un jeune homme qui nous propose une nuit à 3500pesos [5€] avec petit dej.

C’est une chambre avec 3 lits, on s’y installe puis on retourne dans le resto où avaient mangé Rémi et Pauline lors de leur trajet pour venir à El Calafate. Au menu : Soupe de poulet, Patates à l’eau et poisson, café pour 2000pesos [3€]. On fait d’autres courses (je m’achète une paire de gants pour 6000pesos [9€]), et je vais sur Internet en fin d’après midi pendant que Rémi et Pauline vont s’acheter des chapeaux assez colorés... Le soir on dîne tous les trois également dans un resto pour 4000pesos [6€], un saumon avec des frites, œufs, oignons.

Au final on se fait servir toute la journée sans avoir vraiment dépensé grand-chose et cela fait grave plaisir ! On prend enfin une bière comme dessert en rentrant à l’hôtel. On fait les sacs pour le trek, petite douche et au lit.

Fait marrant de la journée : on se fera pas mal remarquer en ville à cause de leurs chapeaux et de mon bonnet…

27/12/2006 : Torres Del Paine

On se lève à 6h45 car le bus passe nous prendre à 7h15 devant l’hôtel « Casa Lily » où nous logeons ! Encore un petit déjeuner de malade ce matin. Le bus encore blindé d’Israéliens nous pose à l’entrée du Parc à la Laguna Armarga après une centaine de kilomètres. On paye alors 15000pesos pour l’entrée. Puis on prend une camionnette pour nous éviter 1h30 de marche (1000pesos). Ici commence le trek. On marche 2h30 pour rejoindre notre camp du jour, le camp Torres, après être passés au refuge Chileno. Bouffe, pose de la tente et on grimpe dans le froid à la « Base Las Torres », splendide point de vue, bien qu’il y ait des nuages et qu’il neige !

Une fois redescendus, il se met à pleuvoir au camp, il est 17h00. On s’installe dans nos tentes. Je lis et dors pendant que d’autres inventeront des jeux pour se réchauffer ! Puis à 19h15, on décide de manger. Petit problème, il pleut toujours… on met alors tous les sacs dans ma tente et on mange dans celle de Pauline et Rémi. Bien sympa de cuisiner dans une tente bivouac pour deux à trois…

Il est 21h00, la pluie tombe un peu plus intensément…

28/12/2006 : Camp Italiano

La veille, on avait planifié des heures d’observations du ciel pour monter éventuellement au mirador des Torres del Paine une nouvelle fois au lever du matin : 4h30 pour moi et 5h30 pour Rémi. Il pleut toujours à 4h30 et c’est vers 5h50 que Rémi vient me réveiller pour me dire qu’il y a de belles couleurs et qu’ils partent de suite pour se réchauffer, il me dit également que je les rattraperai.

En moins de 5 minutes, je suis dehors et déjà en train de monter à la Base Las Torres. J’aperçois beaucoup plus haut une gore-tex rouge que je rattrape très vite (400m en moins de 30’). La moitié de l’ascension s’est faite sous et dans la neige…Quand je parviens à 100m des supposés Rémi et Pauline, je gueule : « Putain j’aurais dû prendre mes guêtres ! » Et en me rapprochant d’eux je me rends compte que ce ne sont pas mes amis… « Hola » leur dis-je !

Je redescends en 20 minutes après avoir photographier les Torres totalement dans la neige. En arrivant à 7h00, au camp, ils me disent qu’en voyant le temps se dégrader, ils ont fait demi tour… Vers 8h30, après avoir déjeuner, on plie le camp complètement trempés et boueux et on redescend dans la vallée. Ayant moins de jours de libres dans le parc en raison de mon avion, je décide de faire le circuit « W » pendant qu’ils partent pour le grand tour. Nos routes se séparent donc durant cette étape, je leur dis alors au revoir et à bientôt en Juillet pour Rémi.

Après une longue marche au bord d’un lac et de magnifiques sommets me voilà au camp Italiano. Il est 15h00. A 17h00, il pleut, normal c’est l’heure de la pluie ! Je mange vers 18h00 et lis deux/trois trucs avant de me coucher.

29/12/2006 : Britanico, Grey, Pehoé

Je me lève à 9h30 après une nuit de plus de 12h… L’objectif de ce matin est de faire l’aller/retour dans la vallée Francès jusqu’au camp britanico. 2h45 plus tard je suis de retour à ma tente, après avoir pu admirer quelques sommets et avoir marché encore une fois dans la neige.

Je plie le camp qui a pu sécher et me voila parti pour 2h00 de marche jusqu ‘au camping/hôtel Albergue Pehoé. Je paye 3500pesos pour le camping, m’installe, goûte et repars en direction du glacier Grey. Je marche et cours durant cet aller/retour de 2h00 pour apercevoir au loin le glacier Grey. De retour au camp, une bonne douche bien chaude m’attend, j’en profite bien après ces quelques 30km de marche aujourd’hui.

Pas mal de lacs sur cette étape et beaucoup de vent. Jamais je n’avais encore ressenti une telle intensité. Voila j’ai torché le « W » de Torres del Paine en 3 jours ! Il me manque juste quelques kilomètres pour rejoindre le glacier Grey et il serait coché...

30/12/2006 : La Pampa

Le but étant de rejoindre mon bus à l’administration, celui-ci partant à 13h00 et se trouvant à une distance de 18km… Le temps indiqué est de 5h00… Je décide de me lever à 8h00 pour partir à 9h00 me donnant 4h maximum pour faire cette étape. Pas de chance, mon réveil programmé à 8h00 n’a pas une sonnerie assez forte ! Lever donc 20 minutes plus tard et je décolle à 9h15 pour torcher les 18km en 3h00 sous une pluie fine.

Le bus met 4h00 pour arriver à Puerto Natales où il fait grand beau ! J’achète mon billet de bus pour le lendemain direction Punta Arenas où je vais passer le nouvel an avant de prendre mon avion pour revenir sur Santiago. Je me dirige vers la Casa Lily espérant qu’il y ait un lit de libre. C’est le cas, et je m’installe bien qu’une odeur nauséabonde traîne dans la chambre. J’apprends que le frère du jeune homme qui s’occupe de l’hôtel/maison vient de faire le porteur pour deux personnes sur le « W ».

Il est 18h00 quand je cherche une paire de chaussures et un pantalon, au centre ville, pour pouvoir prendre l’avion s’en faire profiter de l’odeur de mes pompes de trek ! Mais je n’en trouverai pas. Puis mise à jour de mon site et de celui d’Elie. Je grignote, me douche (J’ai d’ailleurs bien failli me casser une jambe en glissant dans la baignoire…).

31/12/2006 : Punta Arenas

Lever à 7h30, petit dej toujours aussi génial. Je pensais trouver un poste Internet ce matin mais nous sommes Dimanche matin et il est 8h00… Je retire de l’argent et patiente en attendant mon bus de 9h00. 3h plus tard nous sommes à Punta Arenas, grand beau temps. Une femme me propose une nuitée à 3000pesos, nickel, elle m’embarque direction : « The Blue House ». Une heure d’Internet et je vais manger dans un petit resto (Sandwich Palta + Fanta). Je fais du lèche vitrine en cherchant ma taille de chaussures (Les Chiliens sont de petite taille…).

Je rentre vers 16h00 pour une sieste, j’ai le dos cassé d’avoir dormi dans un mauvais lit cette nuit ! 18h00, je me dirige vers le magasin où l’on m’a dit que je trouverai ma pointure. Effectivement pour 36000pesos je trouve une paire de CAT pas mal du tout pour la ville. Je rentre à « The Blue House » pour me poser et discuter avec un israélien (encore) puis je mate la télé jusqu’à 21h00, des séries américaines sous-titrées en espagnol.

Je repars dans l’intention de bouffer au resto mais tous sont fermés, conclusion je m’achète des chips, du fanta et un cake à la vanille pour agrémenter mes pâtes pour ce réveillon. Je mange puis reste à discuter devant la télé avec deux israéliens et un guyanais britannique. Pendant ce temps j’avais vu les hôtes préparer leur repas et j’étais bien tenté par toute cette bouffe locale !

Finalement à 23h00, nous sommes invités tous les quatre à nous joindre à leur repas, la classe quoi ! Nous sommes donc une petite quinzaine à table. Bonne année 2007 ! Un peu de champagne en matant les feux d’artifices de Valparaiso à la télé… Je me couche vers 1h00 du matin.

01/01/2007 : Retour à Valparaiso

Ce matin j’émerge à 9h30 sachant qu’il faut quitter la chambre à 10h00. Dans la salle télé de l’hôtel, en prenant notre petit dej, je rencontre deux français travaillant au Chili et en vacances en Patagonie, qui partent également en avion ce jour. Je me joins donc à eux et à Will, le black guyanais britannique pour faire le trajet en taxi à 5000pesos jusqu’à l’aéroport. Il est 11h00 quand l’attente commence, mon avion partant à 15h00, mais celle-ci est agrémentée par une conversation en anglais et français avec ces personnes rencontrées.

Clément et sa copine sont bien sportifs et ont fait un programme similaire au mien. Clément me fait part de ses projets et réalisations, il a fini dans les 150 premiers à l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc), il me donne des conseils pour faire ce genre de course et me motive grave. Affaire à suivre pour la compet en trail…je vais m’entraîner cet hiver et au printemps de toute façon avec mon temps de libre…

J’en oublie de lui donner l’adresse de mon site web et monte dans mon avion qui décolle à l’heure. Le vol est bien mouvementé, nous avons deux escales, une première à Balmaceda avec un atterrissage de ouf dans la cambrousse. Je n’avais encore jamais autant flippé de ma vie. Ce qui est marrant, c’est que lorsque l’on est athée (comme moi), on ne peut pas prier pour que tout se passe bien ! Alors on fait confiance en l’être humain pilote de ce putain d’avion construit par des experts…

Deuxième escale à Puerto Montt avec un atterrissage plus doux à 18h00 mais toujours aussi impressionnant sur ces petites pistes. Puis troisième décollage de la journée direction Santiago. Vol tranquille avec encore un petit encas de servi. 20h00, pile à l’heure, nous sommes sains et saufs à Santiago ! J’essaye de retirer de l’argent mais cela m’est refusé… J’ai juste assez de tune pour prendre le bus « Pajaritos » puis pour Valparaiso. Il me reste 700pesos en poche… Je prend le micro et me voila à 22h30 à l’appart. Je fais un mail à ma mère pour lui demander de se connecter à MSN à 9h00 (5h00 du mat pour moi) et d’essayer de régler ce problème de banque. Je me couche à 0h00.

02/01/2007 : Las Dunas & Roca Oceanica

A 5h00 du mat, le réveil sonne, je me connecte et lui explique mon problème… Finalement j’essayerai de retirer de l’argent à 9h00 et cela fonctionnera. Je peux aller déjeuner tranquille et faire mes trucs de prévu. Je mets à jour mon site web (C’est du travail ce « webmontagne »), mange mon repas traditionnel et pars en direction de Las Dunas et Roca Océanica pour grimper.

Superbe après-midi, où je torche pas mal de leurs blocs, en fait tous ! Les grimpeurs locaux sont bien cool. Par contre je chute sur le dos dans un bloc difficilement parable. Je fais de la pub pour mon site et rentre à Valparaiso vers 19h00.

François passe récupérer ses affaires dans la chambre de Marie (il emporte son portable qui nous aura bien servi…). Je paye mes deux nuitées à Valérie (2 fois 6000pesos) et commence à faire mes sacs. Thomas, le nouveau coloc, me propose de manger avec lui ses spaghettis bolognaise qu’il va préparer lui-même. On discute en mangeant jusqu’à 23h00. Puis j’essaye de finir mes sacs mais c’est le bordel, c’est mal organisé, je me couche alors à 1h00 du matin.

03/01/2007 : Hôtel Plaza

Grass mat, je vais mettre à jour mon site dans le cerro@allegre et puis je bouffe encore mon repas local à base de Palta avec des saucisses et du pain, un completo maison quoi ! Puis après avoir validé mes sacs, je me barre à 17h30 en ayant dit à la proprio (Valérie) que je donnerais les clés à Rémi sur Santiago…

Descente à pied du Cerro avec trois sacs de ouf, puis micro, bus pour « Pajaritos » et enfin bus pour l’aéroport. J’arrive à 20h00 et commence à faire la queue pour l’enregistrement. Et là on m’annonce que mon vol pour Dallas est retardé à demain 9h00 initialement prévu à 23h30 ce soir. Chouette une nuit à l’aéroport me dis-je ! Finalement à 22h00, tous les passagers de l’avion se dirigent petit à petit vers l’hôtel Plaza de Santiago en taxi ! Chambre à 270$ pour moi tout seul, et trois minutes d’appel vers l’étranger.

Je mate des merdes à la télé, et vers 1h00 du mat, le téléphone sonne pour me dire que mon vol est encore retardé pour 12h00. Là je me rends compte que je ne pourrais pas avoir la correspondance pour Paris à Dallas. On verra bien demain et je me couche…

04/01/2007 : Business Class

Lever 8h00, le groom vient chercher mes bagages, je passe mon coup de fil international à ma mère et on est à l’aéroport à 9h00, bien organisé tout ça ! Je vais me renseigner pour mon problème de vol pour Paris. On me dit que je pourrais prendre le prochain vol pour Paris depuis Dallas et dormir à l’hôtel, je leur réponds (en anglais) que j’ai un train à prendre absolument dans l’après-midi à Paris. Je repense alors à des amis qui sont passés par Madrid et fait la demande au près de l’hôtesse d’Américan Airlines de me changer de vol. Elle cherche et me trouve enfin une place dans un vol « IBERIA » qui part à 14h00 pour Madrid avec une connexion pour Paris et qui atterrit à 11h30. Nickel ! Et là elle m’apprend que je suis en Business Class pour le vol Santiago/Madrid… Un truc de ouf de plus !

J’enregistre mes bagages, je change mes pesos en Euros et retourne faire un tour sur Internet. Et qui rencontrè-je ? Rémi et Pauline qui viennent d’arriver de Punta Arenas mais qui ont des problèmes avec le vol retour de Pauline qui n’est plus référencé chez American Airlines. Ils font donc les démarches pour résoudre ça et moi je les suis tout en leur racontant mon épopée plutôt sympathique.

Je les quitte, eux rentrent sur Valparaiso et moi je me rends aux douanes puis au salon VIP pour avoir accès à Internet gratuitement et prendre du jus d’orange et un peu de fromage…Je ne teste pas les alcools, en tous cas pas encore… A 13h45 direction l’avion qui décolle à 14h00. Grande classe. Siège de malade, Ecran tactile avec moult son et films vo récents, une petite trousse de toilette…

Viens ensuite l’apéritif… je demande du vin (avec mon accent de merde), il ouvre une nouvelle bouteille… me verse le liquide dans mon verre… et je m’aperçois qu’il y a des bulles… putain il vient de me servir du champagne !

Je commence à passer en revue les possibilités de l’écran et soudain le Stewart me demande si par hasard cela ne me dérangerait pas de laisser ma place et celle vide à coté de moi à une famille. Je lui réponds : « No Problem » et me rends à ma nouvelle place pour continuer le vol et le repas…

Salade avec saumon en entrée, plat principal à base de poisson (gambas entre autres) avec un peu de vin rouge et enfin un dessert fait de glace, pas mauvaise d’ailleurs (tout cela servi dans de vraies assiettes en porcelaine avec des couverts en métal !). Je m’installe alors serein dans mon siège mais je n’arrive pas à trouver le sommeil après ma mauvaise expérience du vol intérieur (Punta Arenas – Santiago). Je vais donc me mater deux films en VO : « Ma Super-Ex Girlfriends » et « Nick at Time » avec Johnny Depp.

05/01/2007 : L’Union Européenne

Vers 3h00 du matin, je me couche totalement sur le siège en mode lit. Puis le petit déjeuner (omelette, fruits, café, gâteau, yaourt, jus d’orange…) est servi peu avant notre arrivée de nuit sur Madrid. L’hôtesse me demande à un moment si je suis européen car dans le cas contraire j’aurais à remplir un formulaire pour rentrer sur le territoire de l’UE : « Yes I am European ! », ça fait plaisir de dire ça et de le revendiquer ! Mon vol arrive à 6h15. Lever de soleil superbe depuis l’aéroport.. Promenade dans cet aéroport énorme en train et à pied pour passer la sécurité renforcée ce jour-là.

Je me dirige, ensuite vers le Gate HJK (qui sera ensuite déterminé peu avant le décollage). On s’envole à 9h15. Durant le vol je dors pas mal et reste anxieux durant l’atterrissage (Je pense que cela vient de l’impatience du retour après moult bordel et à beaucoup de choses accumulées…). Je récupère mes bagages et Jean mon cousin parisien vient me chercher pour aller manger et puis me déposer à la Gare de Lyon vers 14h00. 3h d’attente à lire des magazines de montagne en Français… Mon train démarre à 17h00 et je suis accueilli, sur le quai, par mon frère et au volant du scénic (encore là ?) par ma mère à la gare de Chambéry à 20h00.

Ainsi se termine ce voyage, qui fut mon premier et certainement pas le dernier ! Superbe expérience et dépaysement total. Comme je le dis à toutes les personnes qui me demandent comment était mon voyage : « c’était énorme ! ».

Prix du voyage :

1200€ : TGV + Avions
700€ : Dépense au Chili et en Argentine (Bus, bouffe, hôtel, camping, internet, entrée parc…)
150€ : Vol intérieur (Punta Arenas – Santiago)

Total : 2050€
Album Photos :


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